Néo-classicisme:    1760-1830

 

     

J. L. David

 

mouvement artistique, apparu à Rome au milieu du XVIIIe s., qui prônait le retour aux canons esthétiques de l’Antiquité grecque et latine. Le néo-classicisme se répandit dans tous les pays européens et aux É.-U. (Capitole de Washington), et se prolongea jusqu’en 1830 env. À l’origine, on constate généralement une réaction contre l’art «aristocrate» (baroque, rococo), ainsi qu’une admiration pour la République romaine. L’art antique, que les fouilles d’Herculanum (1720) et de Pompéi (1748) commençaient à faire mieux connaître, prit force de symbole. La génération des architectes néo-classiques français comprend notam. E. L. Boullée, C. de Wailly (Odéon), C. N. Ledoux, A. T. Brongniart (Bourse de Paris), J.-F. Chalgrin (arc de triomphe de l’Étoile), P. A. Vignon (égl. de la Madeleine). Le sculpteur ital. A. Canova fut celui qui soumit le plus facilement son art à l’esthétique du «noble contour». En peinture, le Serment des Horaces, de David (1784), se présenta comme le manifeste de la nouvelle école (F. Gérard, Girodet, Ingre, Régnault, Mengs, Appiani, Kauffmann...).

 

 

 

Romantisme:   1800

 

                     

Géricault                     Delacroix                          Turner

 

vaste mouvement littéraire et artistique qui, s’épanouissant en Europe à la fin du XVIIIe s. et au début du XIXe s., rejetait classicisme et rationalisme. Ce mouvement a pris des formes multiples. Les précurseurs, ou «préromantiques», apparaissent en Angleterre avec Young (les Nuits, poème) et Samuel Richardson (Clarisse Harlowe, roman) et en Écosse avec Macpherson (traduction prétendue d’Ossian) et Robert Burns (poésies en dialecte). En Allemagne, le mouvement du Sturm und Drang (Schiller, et surtout Goethe, dont le Werther sera lu dans l’Europe entière) reçoit une grande audience. En France, au siècle des Lumières, Diderot et surtout Rousseau (la Nouvelle Héloïse, 1761) participent déjà de la sensibilité romantique, qui s’affirmera après la Révolution avec Nodier, Senancour, Chateaubriand, Mme de Staël (De l’Allemagne). Où qu’il soit apparu, le romantisme se caractérise par le libre cours donné à l’imagination et à la sensibilité individuelles, qui le plus souvent traduisent un désir d’évasion et de rêve. À travers les constantes du romantisme européen (réveil de la poésie lyrique, rupture avec les règles et les modèles, retour à la nature, recherche de la beauté dans ses aspects originaux et particuliers), chaque nation entend laisser éclater son génie propre. Le romantisme anglais s’incarne essentiellement dans les romans historiques de Walter Scott et dans l’œuvre poétique de Wordsworth et Coleridge, puis de Keats, Byron et Shelley. En Allemagne, la poésie romantique, vivace dans les œuvres de Novalis, Tieck, Hölderlin, Heine, est marquée par la philosophie (Schelling, Fichte) et le romantisme est théorisé par A. W. de Schlegel. Les auteurs les plus célèbres de drames romantiques sont: Kleist (le Prince de Hombourg, 1810) et Zacharia Werner (1768 ­ 1823). Les contes et récits en prose prolifèrent, dus à Kleist, aux frères Grimm, à Jean-Paul, à Hoffmann et à Arnim. En France, le romantisme, préfiguré par Chateaubriand, n’apparaît qu’en 1820, avec la publication des Méditations de Lamartine, que suivront les premiers poèmes de Vigny et de Hugo, puis de Musset et de Gautier. Dans la patrie du classicisme, il prend la forme d’une véritable révolution littéraire. Groupés en cénacles, les écrivains romantiques lutteront pendant dix ans pour faire prévaloir leur conception de la littérature (Racine et Shakespeare, par Stendhal, 1823 et 1825; préface de Cromwell, par Hugo, 1827). En 1830, la bataille d’Hernani leur apporte une victoire éclatante. Dès lors, le mouvement romantique prend un caractère plus social, et une «littérature d’opposition» voit le jour; en Italie, les romantiques (A. Manzoni, S. Pellico) sont des patriotes libéraux, qui annoncent le Risorgimento. En dehors de la poésie lyrique, le romantisme français s’épanouit dans le théâtre (A. Dumas), le roman (George Sand, Stendhal, Mérimée, Balzac), l’histoire (Michelet, A. Thierry). Puissante figure, Victor Hugo, poète, dramaturge, romancier, prolongera le romantisme jusqu’à la fin du siècle.

 

Plusieurs peintres français sont considérés comme les maîtres de l’art romantique: Gros, Géricault, Delacroix. Constable et Turner introduisent dans l’école anglaise un certain romantisme visionnaire. Les romantiques de l’école allemande sont dominés par C. Friedrich, O.Runge.

F.J de Goya pour l'Espagne et J.M.W. Turner pour la Grande-Bretagne.

 

Musique. ­ Si l’on excepte Berlioz, Liszt et Chopin, le romantisme musical est princ. le fait des grands compositeurs allemands et autrichiens: Beethoven (en partie), Weber, Schubert, Schumann et Brahms.

 

 

Réalisme:   1850

 

                 

Courbet                            Millet                                Daumier

 

tendance littéraire et artistique qui se propose de représenter la réalité avec exactitude, voire crudité. Le terme de réaliste s’appliqua de façon courante aux écrivains qui, à partir de 1850, réagirent contre le sentimentalisme romantique en s’inspirant des méthodes de la science pour s’en tenir rigoureusement à l’étude et à la description des faits. La théorie de cette école prit corps avec Champfleury (le Réalisme, 1857), mais, à vrai dire, il y eut autant de réalismes que de réalistes: Flaubert, A. Daudet, Maupassant, les frères Goncourt, Zola (V. naturalisme).

Parmi les peintres que l’on a qualifiés de réalistes, il faut citer Courbet, Daumier, Millet, R.Bonheur, E. Messonier.

W.Homer pour les E.U,  J.Israels pour les Pays-Bas,  G.Segantini pour l'Italie.

 

Le réalisme socialiste fit de l’art un instrument de propagande au service des conceptions du pouvoir socialiste, notam. en U.R.S.S. Il visa à la transformation de l’art «bourgeois» en «une culture prolétarienne par son contenu, nationale par sa forme» (Staline). Son princ. théoricien fut Jdanov.

 

Art Nouveau:    1860-1910

 

                                 

Mucha                           Klimt                             Gallée                         Lalique                            Majorelle

 

mouvement d’art décoratif (v. 1860 - v. 1910) caractérisé par des lignes sinueuses, des courbes et des formes organiques. Les premières manifestations de cet ancêtre du design furent les théories de W. Morris. On l’appelle modern style dans les pays anglo-saxons, Jugendstil et Sécession dans le monde germanique, stile liberty en Italie et modernismo en Espagne. En France, on parle aussi de style nouille, métro ou 1900. Citons parmi ses principaux représentants: Philip Webb (architecte anglais, 1831 ­ 1915), Arthur Mackmurdo (architecte et décorateur anglais, 1851 ­ 1942), V. Horta, R. Mackintosh, H. Van de Velde, A. Gaudí, S. White, L. Comfort Tiffany, H. Guimard, Auguste et Antonin Daum (verriers lorrains, 1853 ­ 1909 et 1864 ­ 1930), , E. Gallé, R. Lalique, L. Majorelle.

 

 

Impressionnisme:   1870

 

 

                                

Renoir                               Degas                              Monet                             Sisley                          Pissaro

 

 

mouvement pictural qui se développa dans le dernier quart du XIXe s. en réaction contre les conceptions académiques de l’art. L’impressionnisme est moins une école qu’une rencontre de jeunes artistes qui avaient fondamentalement en commun le goût de la spontanéité et de la peinture en plein air. Le principe de la division des tons (l’obtention d’un ton vert résulte du voisinage d’un bleu et d’un jaune) est à la base même de la technique impressionniste; dès lors, la touche joue pleinement son rôle d’instrument destiné à dissoudre les formes dans l’atmosphère. La première exposition du groupe eut lieu à Paris (15 avril-15 mai 1874); elle fit scandale, et le journaliste Louis Leroy, prenant pour prétexte la toile de Monet intitulée Impression, soleil levant, qualifia ironiquement les exposants d’«impressionnistes» (le Charivari, 25 avril 1874). Les principaux peintres impressionnistes furent Renoir, Degas, Monet, Manet, Sisley, Pissarro, B.Morisot.

M.Libermann pour l'Allemagne, P.W.Steer pour la Grande-Bretagne, J.Twatchman et C.Hassam pour les E.U.

En 1873, le style impressionniste se généralisa et s’affirma pleinement, tandis que 1877 marqua son apogée. La mort de Manet en 1883, l’arrivée d’une génération nouvelle, composée principalement de Seurat, Van Gogh, Toulouse-Lautrec (qu’on ne peut dire impressionnistes), marquèrent la rupture du groupe dont chacun des membres s’orienta dans une direction personnelle. En ce qui concerne Cézanne et Gauguin, c’est abusivement que leurs noms sont associés à l’impressionnisme, dont ils apprécièrent la nouveauté mais ne partagèrent pas les principes. Monet porta plus loin que les autres la révolution impressionniste, comme en témoignent ses Nymphéas.

 

 

Post-impressionnisme  ou Néo-impressionnisme:   1884-1891

 

                 

Seurat                                  Valadon                      Van Gogh

 

 

Courant pictural issu de l’impressionnisme.  Ce mouvement regroupa les artistes Seurat, Signac, Cross,  Van Gogh, S.Valadon, P.de Chavannes, F.Rousseau. A.Beardsley pour la G.B,  désireux de repousser les limites de l'Impressionnisme en y ajoutant leurs propres sentiments ou sensibilité. Avec des styles différents allant du Pointillisme ou Divisionnisme (division systématique du ton) au Symbolisme, les oeuvres révélèrent une grande imagination créative.

 

 

Expressionnisme    1900

 

                             

Kokoschka                   Van Gogh                      Munch                           Gauguin                          Matisse 

 

 

forme d’art qui s’efforce de donner à une œuvre le maximum d’intensité expressive. L’expressionnisme, dans le sens le plus large du terme, est une tendance permanente de l’art, mais il s’est surtout manifesté au XXe siècle, dans les pays occidentaux qui connaissent une crise de civilisation. Angoisse, sens du tragique et volonté outrancière de les dire, de les crier, caractérisent l’expressionnisme; à la violence de l’intention correspond un goût avoué pour la recherche de l’effet. Van Gogh et Gauguin, puis Ensor, Munch et Matisse sont à l’origine des poussées expressionnistes contemporaines: le mouvement allemand die Brücke (1905-1913), qui réunit princ. Kirchner, Schmidt-Rottluff, Heckel, Pechstein et Nolde; le groupe munichois der Blaue Reiter (1910/1911-1914), avec W. Kandinsky, F. Marc et A. Macke; les Viennois Schiele et Kokoschka; le groupe dit «de la Nouvelle Objectivité» (les Allemands Grosz, Dix, Beckmann); le groupe belge de Laethem-Saint-Martin (Permeke, de Smet, Van der Berghe). En France, après le fauvisme (1901-1907), qui peut être dit expressionniste, les expressionnistes sont des isolés (Rouault, Pascin, Soutine, etc.), tandis qu’en Amérique latine (au Brésil, et plus encore au Mexique) ils lient leur violence à la révolte politique (Diego Rivera, Orozco, Siqueiros, Tamayo). À partir de 1945, la notion d’expressionnisme recouvre les recherches picturales abstraites et gestuelles tentées aux É.-U. (Action painting de Pollock, œuvres de De Kooning, Motherwell, etc.). En sculpture, le courant expressionniste est représenté par Lehmbruck, Barlach, Zadkine, Couturier et Germaine Richier.

 

 Litt. ­ En littérature, l’expressionnisme se manifeste surtout en Allemagne, dans les années 1910-1920 (poèmes de G. Trakl, Heym, Stadler, Benn, Lasker-Schüler; pièces de théâtre de F. Wedekind, F. von Unruh, G. Kaiser, E. Toller).

 

 Cinéma. ­ Le cinéma expressionniste a, lui aussi, voulu récuser l’objectivité. Ses recherches très poussées d’éclairage et de recadrage s’inscrivent dans un découpage en tableaux qui donne une nouvelle violence à l’espace et à l’action scéniques: R. Wiene (le Cabinet du docteur Caligari, 1919); P. Wegener (le Golem, 1920); F. Lang (les Trois Lumières, 1921); Murnau (Nosferatu le vampire, 1922); P. Leni (le Cabinet des figures de cire, 1924).

 

 

Fauvisme:   1905

 

                 

Derain                              Dufy                         Vlaminck                     Modigliani          Van Dongen        Matisse

 

 

mouvement artisitique des peintres français nommés, par dénigrement, fauves (Vlaminck, Derain, Matisse, Dufy, Marquet, Rouault, Manguin, Modigliani), qui, entre 1901 et 1907, voulurent créer un expressionnisme de la couleur pure. Le fauvisme fut, à l’origine, la réaction de divers peintres (Matisse, Rouault, Manguin, Van Dongen, etc.) contre leur formation académique: ils prônèrent l’emploi généralisé des tons purs. Ils furent rejoints par Marquet, Derain et Vlaminck (dont les œuvres fauves, exécutées à Chatou, comptent parmi les plus audacieuses de la tendance). Othon Friesz, Raoul Dufy et Georges Braque optèrent aussi pour cette manière dont les œuvres les plus représentatives furent peintes au cours de l’année 1906, mais dès 1907 ses protagonistes s’orientèrent dans d’autres directions. Le terme de fauvisme est né lors du vernissage du salon d’automne de 1905: le critique Louis Vauxcelles, apercevant une statuette de style florentin dans la salle où exposaient Matisse et ses amis, eut ce mot: « Donatello parmi les fauves! »

 

 

Cubisme:   1906

 

                       

Duchamp                     Picasso                           Braque                            Léger                    Gris

 

 

mouvement artistique, né en 1906-1907, qui rompt avec la vision naturaliste traditionnelle en représentant le sujet fragmenté: l’artiste le décompose en des plans géométriques inscrits dans un espace tridimensionnel sans profondeur. Le tableau de Picasso les Demoiselles d’Avignon (1907) marque traditionnellement la naissance du cubisme. On y décèle l’influence de Cézanne (selon qui «il faut traiter la nature par le cylindre, la sphère, le cône»), de la statuaire romane espagnole et de la sculpture d’Afrique noire. Les éléments constitutifs du vocabulaire graphique cubiste sont ensuite élaborés par P. Picasso, G. Braque et J. Gris (à partir de 1911), dont les recherches néo-cézanniennes (1908-1909) débouchent sur ce qu’on a appelé le cubisme analytique (1910-1913): plusieurs aspects d’un même sujet géométrisé, fragmenté, s’inscrivent simultanément dans l’espace. Le cubisme synthétique (1913-1914) voit la réduction du sujet à son essence et l’on a pu parler d’une véritable esthétique conceptuelle, surtout à propos de J. Gris, qui, partant du cylindre, «fait une bouteille». Avec F. Léger, R. Delaunay, A. Gleizes, J. Metzinger, L. Marcoussis, R. La Fresnaye, A. Lhote, le cubisme a proposé, jusqu’en 1930 env., des formes généralement restées plus proches de la nature et, par conséquent, plus «lisibles».

 

 

Futurisme:     1909

 

       

Balla

 

 

mouvement esthétique et littéraire, aux implications morales et politiques, fondé en 1909 par l’écrivain italien Marinetti dont le premier manifeste futuriste parut dans le Figaro du 20 février 1909. D’un modernisme échevelé, il exalte la vitesse, la simultanéité des sensations, la beauté de la machine et de l’action, la guerre, la virilité, la violence. Il préconise la destruction des musées et des bibliothèques. En 1910, cinq peintres italiens rejoignirent Marinetti: Giacomo Balla, Umberto Boccioni, Carlo Carra, Luigi Russolo et Gino Severini. Ils exécutent alors des compositions qui attestent l’influence des cubistes et celle de Duchamp, mais ils veulent conquérir le monde, créer des villes résolument modernes, conçues comme des machines: projet de la Città nuova par Boccioni. Le futurisme gagne la sculpture, le théâtre, la décoration, la musique et devient l’art officiel de l’État fasciste. En littérature, le futurisme se manifesta surtout hors d’Italie. En 1910, Marinetti pousse sa campagne de propagande à Moscou et à Saint-Pétersbourg. En 1912, Maïakovski et Khlebnikov fondent l’école futuriste russe; en 1913, un manifeste, Gifle au goût public, revendique la «libéralisation de l’art et de la poésie». Après le Nuage en pantalon (1915), Maïakovski, gagné par la fièvre révolutionnaire, renia le futurisme.

 

 

Abstrait (art)  ou L'Art Abstrait:   1909

 

               

Mondrian                                  Kandinski

 

forme d’art, née au début du XXe s., qui ne cherche pas à reproduire la réalité, mais, au contraire, à s’en affranchir, à s’en abstraire. Pendant tout le XXe s., de nombreux courants d’abstraction ont vu le jour, mais on peut les grouper en deux grandes catégories. L’une, émotionnelle, souvent tachiste ou gestuelle (abstraction lyrique), mêle conscient et inconscient: Kandinsky (avant 1920), Hartung, Action painting. L’autre, géométrique, effectue des recherches plus ou moins froides sur la forme et sur la couleur en utilisant des rapports mathématiques: Kandinsky (après 1920), Mondrian, Malevitch, Vasarely. L’orphisme de Delaunay tient de ces deux catégories.

 

 

 

Néo-Plasticisme:     1912

 

 

 

 

 

doctrine picturale édifiée par Mondrian (1912-1917) à partir du cubisme: l’angle droit constitué par une horizontale et une verticale, les trois couleurs primaires et les trois non-couleurs (blanc, gris, noir) constituent la base du langage plastique. En 1916, Theo Van Doesburg rejoignit Mondrian, fonda la revue De Stijl en 1917, puis dans les années 1923-1926 fondera l’élémentarisme: l’angle droit peut se libérer.

 

  

 

Elémentarisme:

 

    

Doesburg

 

 

doctrine picturale élaborée par Theo van Doesburg, en 1923-1926, à partir du néo-plasticisme de Mondrian: l’angle droit peut quitter la portion horizontale-verticale, il faut utiliser la diagonale. V. néo-plasticisme et Stijl (De).

 

 

 

 

Orphisme:   1913

 

                  

Russel                           Delaunay                            Kupka

 

 

tendance picturale élaborée par R. Delaunay (et nommée ainsi par Apollinaire) qui organisa l’harmonie des couleurs selon la loi des contrastes simultanés. Dans la note qui accompagnait son poème Orphée (dans Bestiaire ou Cortège d’Orphée, publié en 1911 avec des gravures sur bois de Raoul Dufy), Guillaume Apollinaire assimile la peinture, «langage lumineux», à la poésie. Il emploie le mot orphisme en janv. 1913 lors d’une conférence qu’il prononce à Berlin, alors que Robert Delaunay expose à la galerie Der Sturm des peintures qui, en exaltant la couleur, marquent une rupture avec l’austérité du cubisme analytique. Ce terme recouvre alors les œuvres du Tchèque Kupka (Gamme jaune, 1910),  des Américains Patrick Henry Bruce (1880 ­ 1937), Morgan Russell, Stanton Macdonald-Wright (1890 ­ 1973) et de Sonia Delaunay.

 

 

 

Constructivisme:    1913

 

       

Tatline

 

 

mouvement artistique russe. L’inspirateur du constructivisme fut le peintre et sculpteur ukrainien Vladimir Tatline, qui, au retour d’un voyage effectué à Paris en 1913, orienta ses recherches picturales vers un cubisme abstrait; il voulait valoriser l’espace. Son projet de Monument pour la IIIe Internationale (1919-1920) exerça une grande influence dans la jeune U.R.S.S. Un esprit différent anima les frères sculpteurs Pevsner et Gabo à partir de 1922: «Le volume n’est pas le seul concept spatial.» Citons aussi Lissitski et Meyerhold.

 

 

Suprématisme:

 

Malevitch

 

 

 

Terme choisi par le peintre russe Malevitch pour désigner la forme d’art abstrait géométrique (peinture, projet d’architecture) qu’il pratiqua et théorisa à partir de 1913.  Par des formes géométriques pures, abstraites, le Suprématisme veut donner la sensation de la non-figuration. Pour Malevitch, le Suprématisme signifiait la "suprématie de la sensation dans l'art de la création".

 

 

 

 

Dada:     1916

 

 

                                      

                  Affiches Dada                           Arp                                     Tzara                     Picabia

 

mouvement de révolte littéraire et esthétique né en 1916 par réaction contre la guerre, le militarisme, et qui exprima d’abord un refus absolu de l’art, récusé jusque dans ses manifestations d’avant-garde (cubisme, futurisme). Le mot «Dada» a été choisi au hasard dans le dictionnaire par les fondateurs du mouvement, qui éclata simultanément à Zurich (où il trouva son nom) sous l’impulsion notam. des poètes Tristan Tzara et Hugo Ball, des artistes Hans Arp, Hans Richter, et à New York (Duchamp, Picabia, Man Ray). Un peu avant la fin de la guerre, il s’implanta en Allemagne, à Berlin, où il se doubla d’une révolte politique de caractère marxiste (John Heartfield, Georg Grosz, Raoul Haussmann), à Cologne (Max Ernst, J. T. Baargeld, Arp, venu de Zurich) et à Hanovre (Kurt Schwitters). À Paris, Tzara, Picabia, Ribemont-Dessaignes et plusieurs des futurs surréalistes (Breton, Aragon, Soupault, Éluard) illustrèrent l’esprit dada en 1920-1921, mais dès 1921-1922, les surréalistes rompirent violemment avec ce mouvement (nommé aussi dadaïsme). Entre 1916 et 1920 Tzara écrivit Sept Manifestes Dada.

 

 

 

Surréalisme:    1920-1970

 

                      

Dali                               Ernst                               Magritte                     Miró            Tanguy                  Dado

 

 

mouvement littéraire et artistique (1919-1969) qui se constitua sur la base d’un rejet systématique de toutes les constructions logiques de l’esprit. Il visait à soustraire au contrôle de la raison les différentes forces psychiques dont l’expression peut contribuer à un renversement libérateur des valeurs sociales, intellectuelles et morales. Le surréalisme, qui dérive du mouvement Dada, naquit en 1919 (premier numéro de la revue Littérature, fondée et dirigée par A. Breton, L. Aragon et Ph. Soupault), mais la rupture avec Dada ne se produira officiellement qu’en 1922. En 1924, le Manifeste du surréalisme de Breton affirma l’existence du mouvement, fondamentalement défini par référence à l’écriture automatique et à la «toute-puissance du désir». Le surréalisme réunira de nombr. poètes (P. Éluard, B. Péret, R. Crevel, R. Desnos, H. Michaux), des prosateurs (M. Leiris), des peintres (M. Ernst, S. Dali, Y. Tanguy, J. Miro, R. Magritte, P. Delvaux, V. Brauner, Dado), des photographes (Man Ray), des cinéastes (L. Buñuel), etc., mais brouilles et scissions se multiplieront: Artaud, Vitrac, Soupault, Desnos et bien d’autres quitteront le mouvement. La revue la Révolution surréaliste (créée en 1924) cessa de paraître en 1929. En 1930, dans un deuxième Manifeste, Breton flétrit les transfuges et décrivit l’échec du rapprochement entre son mouvement et le parti communiste. La revue le Surréalisme au service de la révolution eut six numéros (1930-1933). Le mouvement devint international, se répandant jusqu’au Japon. Conquis par le communisme et vantant l’U.R.S.S. (Persécuté persécuteur, 1931; Hourrah l’Oural, 1934), Aragon se détacha de Breton; leur rupture fut consommée en 1936; celle d’Éluard, en 1938. En 1938, une exposition internationale rassembla des œuvres venues de quatorze pays. La guerre, en 1939, dispersa les surréalistes. La paix revenue, le mouvement apparut comme une survivance. Il prononça sa dissolution en 1969. V. Manifestes du surréalisme, Révolution surréaliste (la), Surréalisme au service de la révolution, Surréalisme et la Peinture (le).

 

 

Expressionnisme Abstrait:   1942

 

                        

Rothko                        Pollock                            Gorky                              Jorn

 

 

Courant artistique qui se focalisa sur les gestes et les mouvements de l'artiste face au support à peindre. Rejetant le Cubisme et le Surréalisme, il donna naissance à des styles analogues au Japon, en Europe, en Amérique du sud. L'art brut (art spontané, sans prétention culturelle ni démarche intellectuelle), l'Action Painting (peinture d'action, gestuelle), le Groupe Cobra (expérimentation de la liberté) représentent la seconde génération de l'Expressionnisme abstrait.

Citons J.Pollock, A.Gorky, M.Rothko, J.Dubuffet, K.Appel, Corneille, F.Kline

 

 

Cobra:   1948

 

         

Alechinski                        Appel

 

acronyme pour COpenhague, BRuxelles, Amsterdam. Mouvement artistique international (1948-1951) d’inspiration expressionniste créé en réaction contre les formes académiques de l’art moderne (néo-surréalisme, etc.) et contre les «abstractions stériles» de Mondrian: Asger Jorn, Appel, Constant, Corneille, Alechinsky privilégièrent le geste impulsif et l’emploi de couleurs vives.

 

 

Action painting:    1945

 

           

De Kooning                    Kline

 

expression américaine dont l’équivalent français peut être «peinture gestuelle», qui désigne un mouvement d’art abstrait apparu principalement à New York vers 1945, sous l’influence des procédés automatiques surréalistes, et dont les principaux représentants sont Kline, De Kooning et surtout Pollock.

 

 

 

Art brut:     1944

 

                     

Aloise                          Crépin                         Dubuffet                Forestier                     Lesage  

 

 

La notion d’«art brut» a été dégagée vers 1944 par le peintre Dubuffet. Selon lui, les œuvres relevant de l’art brut sont toujours produites en marge d’un système social quelconque; ce sont des «ouvrages exécutés par des personnes indemnes de culture artistique (...) qui tirent tout (sujets, choix des matériaux mis en œuvre, moyens de transposition, rythmes, façons d’écriture, etc.) de leur propre fonds et non pas des poncifs de l’art classique ou de l’art à la mode» (l’Art brut préféré aux arts culturels, 1949). Dubuffet ne limita pas ses recherches aux asiles psychiatriques, mais les étendit aux milieux fréquentés par les spirites, sans omettre la «retraite» de nombreuses personnes plus ou moins exclues de la société. Il fit d’étonnantes découvertes: armoires peintes d’Adolf Wölfli (1864 ­ 1930), bois taillés d’Auguste Forestier (1887 ­ 1958), peintures médiumniques de Joseph Crépin (1875 ­ 1948), d’Augustin Lesage (1876 ­ 1954) et de Jeanne Tripier (1869 ­ 1944), dessins à l’encre bleue de Laure Pigeon (1882 ­ 1965), têtes en coquillages de Pascal-Désir Maisonneuve (1863 ­ 1934), figurines en mie de pain ou en terre de Joseph Giavarinni (1877 ­ 1939), dit le Prisonnier de Bâle, crayons hallucinés de Heinrich-Anton Müller (1865 ­ 1930), aquarelles de Guillaume Pujolle (1893 ­ ?), etc. En 1971, Dubuffet donna sa collection à la ville de Lausanne, qui la présente dans un musée ouvert au public en 1976.

 

 

Op’Art (abrév. de optical art):     1950

 

             

Vasarely                            Mavignier

 

forme d’art cinétique introduisant les illusions d’optique dans l’abstraction géométrique. Le représentant le plus célèbre est Vasarely.

Citons aussi J.Dewasne, J.R.Soto, B.Riley, L.Pons, A.Mavignier

 

 

 

Pop’Art ou pop art:    1955

 

                         

Rosenquist                         Lichtenstein                  Arman                   Warhol

 

inspiré par la culture populaire, mouvement artistique contemporain, mode de création plastique recourant largement aux objets les plus quotidiens ainsi qu’aux procédés graphiques de la publicité et de la mode. Né en Angleterre entre 1954 et 1957, le pop’art s’imposa à partir de 1959 aux É.-U.; princ. représentants: Roy Lichtenstein, Andy Warhol, Tom Wesselmann, James Rosenquist, Claes Oldenburg. P.Blake et A.Jons pour la G.B. et Arman pour la France.

 

 

Conceptuel (art):    1958

 

               

Lewitt                      Soulages                      Klein

 

 

mouvement New-Yorkais, attitude artistique, née dans les années 60, qui accorde la primauté de l’idée sur la réalisation matérielle de l’œuvre d’art selon les techniques traditionnelles. Elle vise une recherche sans préoccupations esthétiques et une interrogation sur la fonction de l’art et sa situation. Diverses solutions sont apportées aux problèmes de la visualisation: textes (J. Kosuth, L. Weiner), intervention sur la nature (land art de Christo, R. Smithson, D. Oppenheim), actions (happenings de J. Beuys, A. Kaprow, J. Dine), art pauvre (refus des matériaux nobles).

E.U:  S.LeWitt,  P.Taaffe,  D.Oppenheim, L.Veiner.

Bel:  H.Michaux

Fr:  P.Soulages,  Y.Klein,  D.Buren

Suisse: H.Federle

 

 

Nouvelle Subjectivité:   1965

 

       

Hockney                    Bottero

 

naissance de ce mouvement dans un contexte de crise économique et esthétique en réaction à l'art conceptuel, voulant donner une postérité au Surréalisme. Avec une observation du monde visible, certaines représentations relèvent presque de la photographie, d'autres redeviennent l'expression d'une sensibilité personnelle.

G.B: D.Hockney

E.U:  D.Salle,  E.Fischl

Colombie:  F.Bottero

All: G.Richter,  M.Kipperberger

Fr:  R.Topor

 

 

Supports-Surfaces:    1970

 

                   

Dolla                           Pincemin                   Arnal                            Dezeuze

 

 

groupe artistique français d’avant-garde, actif en tant que tel entre 1969 et 1972. Objet d’une scission motivée par des dissensions idéologiques survenues dès 1970, il était animé par Noël Dolla, Tony Grand, Jean-Pierre Pincemin, Patrick Saytour, André Valensi, Claude Viallat, tandis que la tendance promarxiste regroupait François Arnal, Vincent Bioulès, Louis Cane, Marc Devade et Daniel Dezeuze. Pour l’essentiel, Supports-Surfaces s’est attaché à remettre en cause les fondements traditionnels de l’art en dissociant le couple châssis-toile et en mettant l’accent sur la matérialité de supports non rigides (filets, cordes, bâches, etc.).

 

 

Figuration libre:    1975

 

                   

Balthus                               Bacon                         Dubuffet                        Kiefer

 

 

utilisation des nouveaux outils que sont la vidéo, le graffiti, la bande dessinée dans une confrontation avec la réalité où la peur remplace l'espoir, générant des oeuvres qui expriment physiquement et intellectuellement la douleur.

Au fil des ans, la Figuration libre est devenue plus festive, joyeuse créant des mondes de personnages populaires et cosmopolites, voire enfantins.

All:  A.Kiefer, G.Baselitz

E.U:  K.Haring,  J.M.Basquiat

Fr:  J.C.Blais, J.Dubuffet, Di Rosa,  R.Combas, Balthus, A.Nemours

G.B:  F.Bacon

 

 

 

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Résumé Histoire de la Peinture XXeme siècle